Témoignage

Myriam Charligny - Témoignage

Bénévole du Centre Ouest Bretagne
Photo de profil de Myriam Charligny
Est-ce que vous pouvez vous présenter et expliquer comment vous êtes entrée dans l’expérimentation ? Je suis Myriam Charliny. Je suis impliquée dans l’expérimentation depuis 2016, au départ comme personne privée d’emploi. Je venais de perdre mon travail et j’étais sans activité depuis un an. Quand le territoire n’a pas été retenu lors de la première loi, je me suis un peu éloignée, puis en 2019 on est venu me chercher pour rejoindre l’équipe de Tous Vers l’Emploi et participer aux groupes de réflexion pour la deuxième loi. Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous engager dans le projet ? On est un territoire très rural, avec beaucoup de personnes qui ont travaillé toute leur vie mais qui ne peuvent plus retourner vers les mêmes métiers. Au Secours Catholique je rencontrais des gens qui voulaient avancer mais qui n’avaient plus le cadre pour le faire. Pour moi, l’expérimentation portait une idée essentielle : ce n’est pas à la personne de s’adapter au travail, mais au travail de s’adapter à la personne. Je l’ai vécu à titre personnel, et ça m’a profondément parlé. Comment avez-vous vécu les débuts de l’expérimentation ? Il y avait une vraie effervescence. Tous les acteurs se réunissaient, les personnes privées d’emploi prenaient enfin la parole, proposaient, construisaient. Et je dois le dire : j’ai une immense admiration pour les volontaires de l’époque, des personnes privées d’emploi qui se sont mobilisées bénévolement pendant des années, sans certitude que l’habilitation arriverait. Ce sont elles qui ont porté l’épicerie sociale, qui l’ont imaginée, organisée, montée, structurée… Elles ont tenu alors qu’il n’y avait encore ni budget, ni garantie. Et aujourd’hui, cette épicerie sociale est devenue l’une des activités principales de l’EBE. C’est une vraie fierté collective. Qu’est-ce qui a été difficile pendant cette phase de préparation ? La durée, clairement. Beaucoup de bénévoles se sont investis longtemps, sans rémunération, et certains se sont découragés. Mais ceux qui sont restés ont créé quelque chose d’incroyable. Le collectif a tenu, même quand le cadre politique mettait du temps à arriver. Et après l’habilitation, comment la mobilisation a évolué ? La dynamique a forcément évolué. Les personnes privées d’emploi ont des parcours lourds : il faut maintenir un cadre bienveillant, du lien, du dialogue. Ce qui fait tenir un projet comme celui-ci, pour moi, c’est la force du collectif. C’est vraiment fondamental. Quand on travaille ensemble, quand on se parle, quand on se remet en question ensemble, on peut faire énormément. L’expérimentation repose sur ça : le collectif avant tout. À votre avis, qu’est-ce qui fait réussir une expérimentation TZCLD ? Le dialogue permanent entre tous les acteurs. La capacité à travailler ensemble, à écouter le territoire, mais aussi à écouter les personnes qui en font partie. La mobilisation des habitants, des collectivités, des bénévoles, des entreprises, des associations. Et surtout : garder la parole des volontaires au centre. Sans collectif, ce projet-là ne fonctionne pas. Comment voyez-vous la suite, avec la troisième loi ? J’espère qu’on continuera à chercher des activités adaptées aux personnes. C’est ça, pour moi, le cœur du projet : la bonne activité pour la bonne personne. Et maintenir ce climat bienveillant où les gens peuvent retrouver confiance et avancer. Pensez-vous que le territoire a encore du potentiel pour développer de nouvelles activités ? Oui, mais il faut continuer à chercher. Dans la candidature, il y avait beaucoup d’idées d’activités, mais certaines n’ont pas vu le jour faute de locaux ou de moyens. Avec plus de partenariats économiques, on pourrait faire davantage : impliquer des entreprises, des anciens chefs d’entreprise, mutualiser du matériel… Les ressources existent, mais elles doivent être mobilisées dans une logique collective. Et aujourd’hui, comment l’EBE est-elle perçue selon vous ? On a des retours via certaines activités, notamment les collectivités. Avec les entreprises, c’est plus compliqué, mais ce n’est pas propre à notre territoire. La mobilisation économique est un enjeu national pour l’expérimentation. Si vous deviez résumer la force principale de l’expérimentation ? Mettre tout le monde autour de la table. Pouvoir parler du droit à l’emploi, déstigmatiser les personnes privées d’emploi, construire collectivement des solutions. Et surtout le collectif. Toujours le collectif. C’est ce qui permet de tenir dans la durée. Et si vous deviez résumer l’expérimentation en quelques mots ? Ce n’est pas simple… Je dirais : la reprise en compte de la personne, dans et par le collectif.
— Myriam Charligny

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